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  • La préparation et la peinture des figurines 15 et 25 mm

    lundi 29 août 2005.
     

    LA PREPARATION ET LA PEINTURE DES FIGURINES 15 et 25 mm

    La différence entre le Jeu d’Histoire et la Figurine de collection est le nombre une armée représente au moins deux cent figurines. Il faut donc souvent trouver un compromis entre la qualité de peinture souhaitée et le temps disponible. Et, lorsque l’on débute, la perspective d’avoir à peindre autant de figurines est plutôt rédhibitoire, surtout si l’on n’a pas une vocation de Picasso ! Mais pas de panique : voici quelques conseils pour aborder l’étape que certains considèrent comme une sinécure et d’autre avec un réel plaisir.

    LE MATÉRIEL

    Le matériel de base requis pour la préparation et la peinture se réduit pour ainsi dire au strict minimum et ne ruinera pas votre budget. Au menu : * le cutter de maquettiste et ses lames de rechange, indispensable pour ébarber les figurines ; * la lime à ongle en carton, celle utilisée par nos tendre et chères ; * la colle cyanocrylate - style "superglue" -, fort utile pour tout ce qui est réparation, transformation, etc. ; * quatre pinceaux au minimum :
    -  deux gros, n° 8 par exemple ; l’un sera réservé aux sous-couches, l’autre au vernissage ;
    -  un moyen, n° 1 ou n° 2, réservé au gros du travail ;
    -  un fin, en poil de martre, n’ 0, qui sera utilisé pour la finition de vos figurines : ce sera votre seule acquisition “ onéreuse" en tant que matériel.

    Un principe de base consiste à utiliser la pointe - et la pointe seulement ! - des pinceaux : il vaut mieux un n° 2 de bonne qualité, à la pointe très effilée, qu’un n° 0 avachi, théoriquement plus fin mais qui ne vous permettra pas d’atteindre une précision satisfaisante. Rien ne sert d’économiser si on veut un résultat correct. Donc au moins l’un des pinceaux doit être de qualité supérieure, habituellement en poil de martre et d’un coût de l’ordre de 40 F. Par ailleurs, ayez à l’esprit qu’un pinceau, même bon, s’use et qu’il de faut pas hésiter à en changer : la qualité du pinceau représente 40 % du résultat !

    Les outils
    Les outils

    LA PREPARATION DES FIGURINES

    Les figurines “ brut de fonderie ” comportent souvent des traces de moulage disgracieuses : la première étape - quelquefois pas la plus simple - consiste à faire disparaître celles-ci à l’aide d’un cutter bien tranchant et de limes adéquates. En effet, la peinture, loin de masquer ces imperfections, les fait ressortir : n’hésitez pas à consacrer du temps à l’ébarbage.

    Si le coeur vous en dit, l’étape suivante consiste à transformer, plus ou moins profondément, la figurine. Il peut s’agir par exemple de changer la position d’un bras : l’alliage de plomb et d’étain dont les modèles sont faits est assez souple et permet de varier et multiplier les effets dans une unité en tordant délicatement les membres. Une transformation courante consiste aussi à remplacer les lances et javelots en plomb par des poils de balais, corde à piano et autres matériaux plus résistants aux chocs des combats. Mais le fin du fin consiste à transformer de fonds en combles une figurine pour obtenir une pièce unique.

    LA SOUS-COUCHE

    Vient ensuite l’étape de la sous-couche de peinture mate : certains l’appliquent "au pinceau", ayant eu des déboires avec des bombes de peinture, d’autres préfèrent donc la bombe ou bien le pistolet à peinture pour maquettiste (pas celui pour peintre en bâtiments !). De toutes façons, I’important est de ne pas "encrasser" la figurine : un voile fin vaut mieux que de grosses gouttes qui noient tous les détails sous une couche trop épaisse de peinture.

    Bon, maintenant la figurine est prête à recevoir les couleurs qui lui donneront vie ; mais comme elles sont relativement petites (15 ou 25 mm), il est pratique de les fixer temporairement - le temps de les décorer -, sur un support quelconque (bouchon en liège, bout de carton, pot de peinture usagé, etc.). Cela vous permettra de les manipuler sans risque de les abîmer, ni de tacher vos mains. Utiliser pour les fixer de la colle peu "résistante" pour que vous puissiez les détacher aisément une fois leur décoration terminée.

    Le but de la peinture est de recréer des effets de volume, de contraste et d’ombres, en accentuant les creux et en éclaircissant les reliefs. Deux grandes écoles à cet égard : les "blancs" et les "noirs". Les premiers passent une sous-couche de blanc mat... et les seconds une de noir (toujours mat). Attention, la technique de peinture découlera directement du choix de la couleur de base. Avant d’entrer dans le détail de ces différentes méthodes, nous allons voir ensemble quels sont leurs avantages et leurs inconvénients : · la peinture au noir, appelée également dry-brush ou brossage à sec, nous vient d’outre-Manche où quasiment tous les peintres professionnels l’utilisent. Elle possède en effet un atout non négligeable lorsque la rentabilité est un critère : la rapidité. Le principe de base est simple, il consiste à peindre par touches de couleurs, en laissant apparent le noir de la couche de base dans les creux de la figurines. L’effet est saisissant si la figurine n’est pas regardée de trop près : n’oubliez pas que vos figurines ne vont pas se retrouver seule à dix centimètres d’un oeil expert, mais en groupe et à une distance d’au moins 50 crn d’un observateur. Cette première technique est notamment adaptée à l’échelle du 15 mm et aux acryliques, dont le temps de séchage est des plus rapides ; · e la peinture classique, sur sous-couche blanc, convient plus aux 25 mm, où les contrastes violents de la peinture au noir ne sont pas satisfaisant. Par contre le travail sera plus long : en effet il faudra toujours chercher à donner une impression de volume en ombrant les creux avec la couleur de base foncée et en éclairant les reliefs avec la couleur de base éclaircie, puis le cas échéant en travaillant les fondus. Cette technique demande donc plus d’efforts, mais parait aussi plus "naturelle" : viendrait-il à l’idée d’une personne normalement constituée de commencer par peindre la totalité d’une figurine en noir ?

    Les principes généraux étant posés, et avant d’en venir aux techniques proprement dites, un dernier point : les joueurs peignent généralement plusieurs figurines à la fois, souvent par unité (bataillon, escadrons, batterie, etc.), pour optimiser et gagner du temps : toujours cette recherche de rapidité ! Vous réaliserez vite qu’il est plus pratique de travailler “ à la chaine”, sur un groupe de vingt ou trente figurines à la fois.

    LE BROSSAGE A SEC

    La sous-couche est donc de noir mat Vérifiez après application et séchage complet que les figurines ont été, entièrement recouvertes dans les moindres creux et replis du métal. Eventuellement, on peut laisser les armes (sabres, baïonnettes, etc.) de la couleur du métal, ce qui évitera par la suite d’avoir à les repeindre (mais le résultat sera moins joli).

    Le dry-brush peut commencer : trempez le pinceau moyen (n° 2) dans la peinture correspondant à la teinte principale de la figurine ; la couleur de la veste ou de la cape, par exemple. Essuyez le pinceau sur du sopalin ou un chiffon, de manière à éliminer des poils le maximum de peinture. Brossez la figurine d’un geste vif et léger ; ainsi, la peinture n’accrochera que sur les reliefs, laissant en noir les creux du moulage. Inutile donc d’être précis pour effectuer ce rapide barbouillage dont le but est d’accentuer les ombres pour créer un effet de contraste, indispensable lorsqu’on travaille à une si petite échelle. Suivant vos goûts, laissez plus ou moins de noir apparent : à vous de trouver un juste milieu entre une figurine trop sombre et une autre où il ne reste quasiment plus de noir, donc de contrastes. Changez de teinte, puis répétez l’opération sur les autres partie importantes du sujet (le pantalon, le bouclier, la coiffure, etc.).

    Pour le visage et les mains, là encore, il est inutile de “ faire dans la dentelle ”, vos figurines ne sont pas destinées à être observées à la loupe. L’important, c’est l’effet d’ensemble, l’aspect général qu’elles auront lorsqu’elles évolueront sur une table de jeu. Contentez vous de marquer les joues et le menton par trois taches de couleur chair, puis l’arrête du nez, d’un trait au pinceau. Idem pour les mains . une tache couleur chair sur le dessus, et quelques traits de pinceau fin pour marquer les doigts, si la gravure te permet.

    Retouchez ensuite soigneusement les cheveux, barbes et moustaches ; puis brossez les légèrement avec du blanc ou du brun clair afin de faire ressortir ies reliefs de la capillosité. Vient ensuite la finition : peindre avec soin les accessoires tels que les musettes, les fusils, etc. ainsi que les sangles, baudriers et autres ceinturons, si votre dextérité le permet.

    Et voilà, c’est fini

    Visages
    Visages

    LA PEINTURE “ CLASSIQUE ”

    Contrairement à la peinture au noir, la sous-couche de blanc mat sera totalement recouverte par les autres teintes et n’apparaîtra plus à la fin de la décoration : c’est pourquoi certains s’en passent et peignent directement sur le plomb, c’est une erreur ! Le but de cette sous-couche est de permettre aux autres teintes d’adhérer plus facilement à la figurine et de faire ressortir les couleurs le rendu final sera bien meilleur.

    La technique est simple et classique les couches de peinture sont appliquées les unes à côté des autres avec minutie. En général, surtout si vous n’employez pas des acryliques qui couvrent bien, commencez avec les teintes claires pour terminer par les sombres : il est beaucoup plus facile de rectifier du clair par du sombre que l’inverse. Les reliefs et parties saillantes seront éclaircis ; pour les visages, par exemple, utilisez du crème pour les européens, un "orange" pour les peaux mates, un marron clair pour les noirs et un jaune de Naples pour les asiatiques. Faire éventuellement de même dans les creux avec les couleurs assombries. On peut aussi travailler avec des "jus" : à s’agit de diluer et d’assombrir la teinte de base. Ce jus ira se glisser dans les creux de la figurine. Le "must" reste de souligner d’un trait - très fin -, fait avec une encre noire de chez Games Workshop par exemple, les traits du visage (paupière, oeil, bouche, nez), le bord d’une chevelure claire, les motifs d’un bouclier, les doigts, les plis d’un tissu, etc. Cela fait beaucoup de travail supplémentaire, et il faut, bien entendu, de la patience et une main calme qui ne tremble pas, mais quels résultats ! Attention, ce soulignage doit être très, très fin (sinon, autant faire de la peinture au noir !).

    mains
    mains

    QUELQUES CONSEILS

    Comme vous pouvez le constatez, ces deux techniques sont totalement opposées : avec l’une, on peint "à sec", avec l’autre "au jus". Mais le but est le même : créer des contrastes. Bien entendu, ces méthodes ne sont pas exclusives et une figurine peut très bien être peinte en mixant et en mélangeant les genres (en particulier le brossage à sec reste bien adapté à la peinture des cheveux, barbes, fourrures, etc.).

    Ne recherchez pas les mélanges trop compliqués de peintures - ils seront difficiles à reproduire sur des figurines semblables entreprises plus tard. Tout de même un exemple de mélange “ brossage ” et “ jus ”. Il est particulièrement recommandé pour les troupes dont l’uniforme est assez uni (pas trop de broderies, de boutons, de passepoil et autres revers ou cols). L’exemple le plus flagrant peut être le fantassin nordiste avec son uniforme bleu foncé. Un brossage bleu foncé sur un fond noir n’aura que peu d’effet visuel et la figurine sera très sombre. C’est là qu’intervient une opération intermédiaire avant le passage de la couleur : on procède à un brossage à sec blanc. Très logiquement le blanc s’accrochera sur les points saillants du vêtement ce qui lui donne du relief. Ensuite, il n’y a plus qu’à passer un jus bleu foncé mais dilué. En fonction de la teinte d’appret qu’elle trouvera, la peinture prendra des reflets plus ou moins clairs ou foncés, ce qui donnera du volume à un uniforme qui aurait été “ écrasé ” par la teinte sombre de l’uniforme. Cette technique est d’ailleurs à recommander pour tous les uniformes de teinte foncée ou terne.

    N’oubliez pas que dans les temps anciens, les teintures "naturelles" (marron, gris, ocre rouge ou jaune, crème, vert foncé, etc.) étaient les plus répandues (il vous faudra plusieurs nuances de bruns pour les cuirs, fourrures et bois divers). Evitez les teintes trop vives, ou n’employez les qu’avec parcimonie ou pour les troupes d’élite... ou riches.

    Ne cherchez pas à reproduire des détails sans importance qui nuiront à votre rendement sans pour autant augmenter la qualité du travail : faire le blanc des yeux à une figurine 15 mm ? Bof ! En un mot : soyez efficace !

    LE VERNISSAGE

    Contrairement aux figurines de collection qui passent leur vie dans une vitrine, celles de Jeu d’Histoire sont destinées à être manipulées fréquemment. Il convient donc de les protéger avec une sur-couche de vernis. Si cette protection n’est pas obligatoire pour les peintures à l’huile, elle est souhaitable pour les peintures à maquette et nécessaire pour les acryliques . elle protégera efficacement vos fiers combattants, au plus fort de l’excitation et de la fureur des batailles à venir.

    En général, les joueurs préfèrent des vernis mat ou semi-mat : le brillant ne rend pas du tout et donne un aspect irréel peu conseillé. Je conseille d’utiliser le vernis Humbrol “ satin coté ”, très résistant et qui ne jaunit pas. Comme pour la sous-couche, l’application peut se faire au pinceau ou à la bombe, voire plus rarement au pistolet à peinture. Un conseil élémentaire pour finir : attendez que la peinture des figurines soit bien sèche avant de passer le vernis...

    En conclusion, sachez que la technique viendra avec le temps, en plus du style propre à chacun. Surtout, il ne faut pas se décourager à la vue de belles réalisations. En fait, n’hésitez pas à tenter des essais sur une ou plusieurs figurines isolées. Vous progresserez considérablement de part l’expérience acquise, en trouvant sans cesse des solutions pour obtenir les effets escomptés et des moyens pour gagner le temps nécessaire à la peinture de grandes armées.

    Il vous sera aussi possible d’obtenir l’aide de vétérans : ils ne sont généralement pas avares de conseils vis-à-vis des "bleus", surtout quand ces derniers sont destinés à être un jour leur victime sur le champ de bataille...

    Dans tous les cas, souvenez-vous : “ La patience est la meilleure qualité du peintre. ”


    LE CHOIX DES PEINTURES

    Trois grandes classes se partagent le marché des peintures de figurines. Chacune possède ses avantages et ses inconvénients ; nous allons les passer rapidement en revue. Les plus populaires il y a quelques années étaient les petits pots de peinture à maquette du style "Humbrol" ou "Heller". La gamine des teintes est vaste et correspond particulièrement à notre hobby ; on trouve en effet des couleurs "historiques". pour les uniformes, surtout ceux du Premier Empire et de la Seconde Guerre Mondiale. Le temps de séchage est d’au moins une demi-heure. Par contre, elles se diluent - et les pinceaux se nettoient - au white spirit, solvant à l’odeur désagréable. Elles ont en outre souvent un aspect laqué qui peut paraître artificiel

    Actuellement, les acryliques ont le vent en poupe, grâce à une facilité d’emploi sans pareil : elles se diluent à l’eau. A cause de leur temps de séchage très - certains disent trop - rapide (de l’ordre de quelques minutes, au plus une dizaine !), les dégradés sont difficiles à obtenir. Le choix des teintes augmente sans cesse et elles se présentent sous forme de pots ou de tubes : préférez les premiers pour les teintes que vous utilisez fréquemment (c’est plus pratique), les seconds pour celles moins courantes (la peinture sèche moins vite dans les tubes qui sont en outre d’un bon rapport qualité-prix). Inconvénient : un peu plus épaisses que les autres types, il faut veiller à ne pas empâter les figurines. Mais en contre-partie, elle "couvre" mieux, c’est à dire que l’on peut passer une couleur claire sur une foncée sans problème : la foncée n’apparaîtra pas par transparence à travers la claire ; c’est une des raisons pour laquelle on préfère les acryliques pour la peinture au noir. Dernier avantage : elles sont plus résistantes que les peintures à maquette aux manipulations (mais pas aux chocs violents où elles ont tendance à s’écailler).

    Le nec plus ultra est constitué par les tubes de peinture à l’huile, la même que celle utilisée par les artistes-peintres.

    Leur principal défaut, un temps de séchage très, très long peut devenir un atout : les fondus et dégradés sont magnifiques (on a le temps de les travailler !) et chaque figurine devient une véritable oeuvre d’art dans les mains expertes d’un spécialiste. C’est pourquoi la peinture à l’huile est si peu répandue parmi les joueurs, alors qu’elle est si populaire auprès des collectionneurs de figurines : eux, ils ont peu de figurines qu’ils bichonnent, nous, nous en avons des centaines, voire des milliers, et nous ne pouvons pas passez des heures sur la peinture de chacune d’entre elles. La peinture à l’huile est à réserver aux artistes et est particulièrement bien adaptées aux plats d’étain où les fondus et la finesse sont primordiaux.

    Donc, à moins de posséder déjà une série de peinture, optez pour les acryliques qui sont les mieux adaptées... et de fait les plus utilisées. Une dernière remarque à propos des teintes : les débutants sont souvent déroutés car ils trouvent dans leur documentation uniformologique des termes tel que bleu céleste, garance, jonquille, etc. et pas dans les gammes de peintures. Ne paniquez pas et ne les cherchez pas désespérément, surtout pour faire seulement une épaulette ou un pompon : n’hésitez pas dans ce cas à faire des mélanges en fonction de vos besoins (mais les mixages sont plus difficiles avec les peintures à maquette), d’autant plus qu’il n’y a qu’à notre époque que l’on trouve une réelle "standardisation" des couleurs ; auparavant, un "écarlate" - rouge vif - pouvait varier d’un uniforme à l’autre, de rose pâle à rouge foncé, au gré des fabricants (teintures artisanales) et des conditions climatiques (le chaud soleil d’Espagne ou les plaines glacées de Russie !)

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