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  • 1782 Les Saintes (12 avril) pour Close Action

    jeudi 18 janvier 2007.
     

    Le Contexte

    A l’automne 1781 De Grasse et ses vaisseaux ont eu une part décisive dans la victoire de Yorktown. La flotte française a facilité le ravitaillement et les mouvements des assiégeants, leur a fourni des renforts en hommes et en artillerie de siége. Mais surtout elle a écarté la flotte anglaise, isolant définitivement l’armée de Cornwallis assiégée dans Yorktown. La victoire navale de la Chesapeake (03/09/1781) contre Graves fut un classique bataille "en ligne" à 30 vaisseaux contre 27. La légère supériorité numérique et qualitative des forces française leur permis de repousser les Anglais. Il n’y eut pas de poursuite, pour ne pas abandonner les assiégeants.

    De retour dans les Antilles pendant l’hiver, une opération franco-espagnole est montée pour expulser les Anglais de la Jamaique.

    Avant la bataille

    Après quelques retards, De Grasse et ses 33 vaisseaux quittent la Martinique le 8 avril, en route pour Saint Domingue. Ils doivent y rejoindre 12 vaisseaux espagnols et 15000 fantassins.

    L’escadre accompagne en même temps un convoi d’une centaine de navires marchands (escortés par 2 bâtiments obsolètes de cinquante canons) qu’elle protégera pour le début de leur voyage vers l’europe.

    Le Saint-Esprit (et ses 80 canons) est laissé au port en carénage.

    Rodney et ses 36 vaisseaux sont aux aguets à Sainte Lucie. Plus rapides avec leur doublage en cuivre ils pistent les Français dés leur sortie. Le 9 avril il y a une première escarmouche. 8 vaisseaux anglais avec Hood sont aventurés face à 15 Français sous Vaudreuil. Pour protéger son convoi et ne pas abandonner Zélé et Auguste esseulés De Grasse refuse de couper l’avant garde anglaise imprudemment engagée. L’arrivée tardive du gros des anglais incite les francais à décrocher avec quelques espars brisés de part et d’autre.

    La navigation se poursuit au sud de la Guadeloupe. Le comportement hétérogène des vaisseaux français dont seule la moitie est doublée en cuivre et plusieurs fausses manœuvres provoquent des collisions, endommageant le gréement de 3 vaisseaux français Zele(74), Jason(64), Caton(64) qui doivent se retirer de la ligne de bataille.

    12 avril 1782

    Au matin du 12 avril, Zele qui vient de provoquer sa deuxième collision est menacé par des Anglais. Malgré des conditions défavorables (vent, dispersion de ses bâtiments), De Grasse se résout au combat pour le protéger.

    Les deux escadres se croisèrent avec des tirs à moyenne-longue distance. L’avant garde de Bougainville déjà écartée du reste de la flotte s’éloignait peu à peu de l’arrière des anglais. Il était temps de virer pour poursuivre le combat sur la même route que l’adversaire. Un changement de vent, la mauvaise compréhension et surtout le non-respect des signaux de l’amiral provoqua le désordre dans la ligne française lors de ce virement de bord tumultueux.

    Rodney sut profiter de l’aubaine en rompant sa propre ligne de bataille. Les Anglais se jetèrent dans les brèches ouvertes, tronçonnant les forces françaises, isolant une partie des bâtiments français et les matraquant de tirs d’enfilades.

    Le manque d’ardeur et l’absence de soutient mutuel des capitaines français ne fit pas le poids face au nombre et à l’agressivité des britanniques. Abandonné par une partie de ses vaisseaux, son équipage décimé, ayant épuisé ses munitions, l’amiral français fut contraint à la reddition. Au soir les Français avaient perdu 5 vaisseaux (Ville de paris 104, Ardent 64, Hector 74, César 74 incendié, Glorieux 74)

    Pour une illustration de la bataille Article Wiki

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:...

    Les répercutions

    Début mai les vaisseaux français survivant et les 12 espagnols sont rassemblés à Saint-Domingue, ainsi que les transports et les troupes. La défaite était cuisante mais pas décisive. L’attaque était encore possible mais les commandants ne purent se mettre d’accord. Le plan fut abandonné et les forces dispersées.

    Les répercutions de la bataille des Saintes n’étaient pas terminées.

    -  Rodney fut l’objet de nombreuses critiques pour ne pas avoir poursuivi les Français après la bataille.
    -  De Grasse soumis aux critiques de ses officiers qui se disculpaient en accusant leur chef les attaqua à son tour lors d’un procès retentissant. Il accusa avec raison ses lieutenants Vaudreuil et surtout Bougainville de l’avoir mal soutenu. Bien que disculpé, De Grasse fut disgracié.

    Conclusion

    Parallèlement aux innovations tactiques de Suffren aux Indes, l’opportunité saisie par Rodney lors de la bataille des Saintes allait marquer un renouveau dans la tactique navale. Les Anglais sauront en tirer les leçons. La bataille de prairial en 1794 sera l’occasion de mettre en oeuvre ces nouveaux concepts.

    Sources
    -  François Carron "Chesapeake la victoire perdue"
    -  Lacours Gayet "la marine de Louis XVI"
    -  François Villiers "la marine de Louis XVI"


    Précisions sur le scénario

    Le scénario (élaboré par Didier Baltés du club de Meudon) démarre quand les 2 avants gardes se croisent. Les Anglais s’apprêtant à pivoter sur bâbord pour longer la ligne française. Les Anglais sont en 2 colonnes (1-20 et 21-36) Sur la carte le repère 10 vient sous le 7 ,le repère 11 sous le 8 et le 12 sous (11-10)

    La météo (costal gusty) est spécifique au scénario. Si le vent change il viendra forcément au sud-est

    Historiquement les Anglais ont un léger avantage (250 points sur 2700). Le rajout des 4 bâtiments français (Sain-Esprit, Zele, Caton, Jason) permet d’équilibrer les 2 camps.

    La carte - 284.9 ko
    La carte
    Les navires - 9.5 ko
    Les navires

    Ce scénario à déja fait l’objet d’une reconstitution et d’une partie par mail http://www.ffjh.fr/article.php3?id_...

    PussyCat 2.0